Fogo e Fogo 2/2
Une p’tite rando…
Nous voici arrivées à Fogo… Date de spectacle annulée, pourquoi donc se rendre jusqu’ici ? Pour faire un peu de tourisme pardi ! J’ai tellement entendu parler de ce paradis des randonneurs… pour rien au monde je ne manquerais ça ! Ni une ni deux, je regarde une carte et décide d’un itinéraire, il y a un peu de dénivelé mais je me dis que ça ne fera pas de mal. « Je te suis » dit Camille. Un duvet et une tente dans le sac et hop, 6h30 mercredi matin, nous voilà dans l’annexe pour débarquer, en route pour l’aventure !
Anne nous accompagne sur les premiers 200 mètres puis nos chemin se séparent, elle prend une petite route pour faire un footing pendant que nous commençons à faire du stop. Une fraction de secondes plus tard nous sommes embarquées jusqu’à Sao Filipe où nous faisons trois courses pour ces deux jours. Puis c’est reparti, nous souhaitons faire du stop jusqu’au sud-est de l’île, village de Coxo, d’où débute l’itinéraire. Il doit être 8h30 lorsque nous arrivons là-bas et commençons l’ascension.



Le chemin est loin d’être tout le temps balisé et je sens bien que Camille n’est pas aussi optimiste que moi dans ce hors-piste-de-buldozer. « A partir de quand on se dit que c’est une mauvaise idée et qu’on fait demi tour ? » « T’inquiètes ça passe ! Regarde on va grimper par ici et puis là on tourne à gauche au muret avant la plantation de maïs et on y est ». « Rappelle moi de regarder moi aussi l’itinéraire avant de te suivre la prochaine fois… » Oups ! Heureusement on retrouve le chemin avec seulement quelques égratignures et des centaines de graines qui piquent agrippées aux chaussettes et lacets.

Dans des paysages de végétation sèches implantées sur de la pouzzolane noire ou brune, l’ascension continue, un pas après l’autre. Moi c’est mon truc la montée, la descente moins… Et Camille c’est l’inverse. On se complète 😉 Au loin, très loin ou plutôt très haut, on aperçoit le volcan emblématique de Fogo. Nous croisons peu de monde, parfois un mini bus scolaire sur un jolie route pavée qui serpente, parfois un chevrier qui s’occupe de ses bêtes dans un enclos niché à même les rocs de lave chamboulés. Nous arrivons à 1700m d’altitude, il nous reste une heure et demie avant la nuit… Nous ne pourrons pas aller jusqu’à l’endroit que j’imaginais pour la nuit, ce n’est pas bien grave. La fatigue se fait sentir de toute façon. Nous grignotons de quoi reprendre un peu d’énergie et poursuivons jusqu’à 1860m où nous plantons la tente dans un no man’s land de graviers et sable noir, au pied du volcan. Une végétation rare, éparse, pas mal de bois et buissons secs qui nous permettent de faire un petit feu de camp qui prend immédiatement. Une conserve réchauffée sur le feu dans le froid qui tombe, nous remettons des pulls pour la première fois depuis un certain temps. Dans l’ombre des montagnes cracheuses de feu, la gueule sous les étoiles et nos ombres que les flammes font danser… Qu’est ce que c’est bon…



Après une nuit quelques peu entrecoupée, nous rangeons nos affaires et avalons trois biscuits. Il est temps de se remettre en route, il y a encore du chemin avant d’arriver à la mer de l’autre côté de l’île, face Nord ! La grimpette se poursuit jusqu’à un peu plus de 2000m d’altitude. Le paysage est lunaire, nous marchons au bord de la gueule béante d’un cratère, responsable de la dernière éruption en 2013 qui a détruit une partie du village que nous allons traverser en contrebas. Les couleurs des roches sont si contrastées, c’est fascinant. Nous regrettons de ne pas avoir un géologue à porté de main.







Au village de Cha das Caldeiras, niché à 1720m nous prenons la mesure de l’effet tourisme… Nous ne retrouvons plus le côté humain et facile que nous avions apprécié jusque là au Cap Vert… On s’attarde un peu sur l’architecture atypique, toutes petites maisons rondes faites en pierres de lave avec un toit conique en ciment, on achète du fromage de chèvre frais (hors de question de louper ça!) et on file s’installer à l’ombre d’un arbre un peu plus loin, entre les vignes, histoire de faire des pansements sur nos ampoules et déguster notre butin.
Et les paysages se succèdent, toujours très changeants, jusqu’à réellement commencer la bascule de l’autre côté de l’île où nous pénétrons dans un forêt presque tropicale, dense. Petits sentiers sinueux entre les racines, jonchés de pierres, on court plus qu’on ne marche, ça demande moins d’effort ! Quelques locaux qui descendent à la ville nous dépassent, semblent-il sans effort, en jean,, sweat et baskets plates avec 6 kilos de bois en équilibre sur la tête ou un sac de 20 kilos en travers de épaules… J’étais fière de nous jusque là, maintenant je nous trouve un peu ridicules… !







Lorsque nous retrouvons le plat, on manque de se casser la figure, nos muscles ne répondent plus à rien ! On dirait deux robots mal huilés et l’on se tape de franches tranches de rigolade, entre fatigue et auto-dérision !
Les derniers 200m de dénivelé négatifs sont tout de même assez difficile pour moi, une douleur au genou qui s’est réveillée… Je serre les dents, pas trop le choix si on veut arriver avant la nuit à Mosteiros. On arrive en bas en compote et les pieds plats comme les oies des Aristochats !
Au total sur deux jours : 30kms, 1583m D+ et 2408m D-
Une p’tite rando qu’elle disait.



David, bûcheron de son état, nous prend en stop dans sa vieille voiture qui tient étonnamment bien la route. Il nous ramène jusqu’au port de Sao Filipe sous le coucher de soleil. On en profite pour peaufiner notre baragouinage de portugais-créole et on en prend encore plein la vue à chaque virage où se dessinent des canyons plus escarpés les uns que les autres.
Merci David, merci la vie.

Bravo !! ! et merci pour la découverte ! un peu de repos quand même à vous j’espère…;)
Coucou les Filles !
Vous m’épatastoufflez !!!! + + +
Wahou !
BRAVO et comme vous le dites si bien : Merci la Vie !!!
Paz
Bravo les Filles belle escapade belles ampoules bonnes courbatures todo bem !!! trop fortes !
Belle escapade, trés authentique, les touristes ne se bousculent pas, vous avez de la chance….. mais vous la méritez….
Salut les filles. Merci de continuer de nous faire rêver de la sorte. Bravo ! Encore une performance sportive incroyable ! Des bisous !