Açores – Aveiro
Nuit qui sauve, dodo réparateur et au réveil je suis regonflée. À partir de là on prépare le départ vers Aveiro.
Réparation de la voile. Merci à Gaël (Vega voile) pour tes conseils précieux et heureusement que j’avais à bord le matériel nécessaire car même en ayant parcouru tous les magasins pro nous n’avons pas trouvé plus de matos. Ensuite, c’est à coup de théière comme fer à repasser que nous avons posé ce fabuleux tissu scotchant … Ayant été efficaces, nous nous sommes attaqués au moteur avec démontage et nettoyage du carburateur bâbord





Le soir même MangeNuage est accepté par le port et nous nous amarrons à quai pour l’arrivée de Romain qui débarque à 1h00 du mat et embarque aussi sec, claqué, excité et content. Il rejoint sa cabine ; placée côté amarrage. Autant dire que sa première tentative de dodo à bord est ratée. Il ne parvient pas à s’endormir et finalement ferme les yeux à l’aube dans le filet à l’avant du bateau.

Au réveil, nous nous organisons : les garçons se chargent des courses ; à pied jusqu’au « supermercado » et reviennent avec les sacs à dos bien remplis, c’est chouette. De mon côté je me charge des fruits et légumes et quelques trucs techniques. À bord, rangement puis corvée de remplissage des bidons d’eau.
Finalement, lundi à 15h nous larguons les amarres de la station essence et partons direction l’ouest de l’île en espérant une nuit au mouillage tranquille pour tout le monde. Au coucher du soleil, nous jetons l’ancre dans une baie, elle me paraît correcte, quelques hauts fonds repérés et évités, je plonge vite fait pour vérifier l’accroche : la nuit s’annonce parfaite. À 22h les Cagarros (puffin cendrés) se font entendre, Romain et Siphay sont trop contents de les découvrir. Je suis heureuse de vivre la dernière nuit aux Açores au mouillage , c’est quand même précieux comme ambiance !
Mardi 7 juillet, départ, direction le Portugal : Aveiro.
Cap plein nord, Romain nous demande, inquiet, « Euh c’est normal qu’on aille vers le Groenland ? »
Avec le vent plein Est nous ne pouvions rien faire d’autre, et la blague du Groenland est bien restée à chaque mauvais cap. Puis, lentement, au rythme du vent d’été nous avons pu prendre la direction Est vers Aveiro. Rythmées par quelques heures plus sportives qui ont bien été appréciées par Siphay et Romain, nos journées se sont remplies de repas, jeux, et blagues bien présentes entre ces deux potes.











Bref, l’ambiance était à la rigolade et ça a fait du bien !
Nous avons parié sur le nombre de bateau que nous allions croiser avant d’apercevoir la terre, aucun d’entre nous n’a gagné, à 50 miles de la terre on a stoppé le compte qui avait déjà atteint plus d’une vingtaine de cargos.
Au sujet des orques, même si les consignes à suivre au cas ils nous rejoindraient avaient été apprises par coeur et révisées, nous n’avons pas eu à les appliquer.
Ce sujet a été souvent au centre de nos discussions, avec ce sentiment contradictoire lié à la fois à notre envie de les voir inspiré de nos images d’enfants et ce stress du fait des récits d’interactions recensées depuis 5 ans sur les côtes du Portugal et le détroit de Gibraltar… Moi, j’imaginais les rejoindre dans l’eau (tout en pensant bien à prendre le temps de remonter les dérives et les safrans), quand à Romain et Siphay, ils espéraient tellement pouvoir les observer … de loin.

Alors que nous arrivions à Aveiro, la pétole totale nous a forcé à allumer les moteurs. Nous n’avions plus de marge sur les dates, et même si j’aurais préféré attendre, il fallait avancer. A l’entrée du port nous avons échangé, un peu en retard, par VHF avec le pilote qui nous demandait de nous décaler pour laisser passer un gros cargo devant nous, puis nous nous sommes engagé dans le fleuve direction Aveiro.





Arrivés à l’embouchure et même en ayant regardé les horaires des marées sur internet, nous nous retrouvons avec le courant contre nous (Caramba encore raté!!!). Puis le moteur bâbord s’est mit à caler (il faudra encore réparer) alors nous nous sommes dirigé avec un seul moteur sur les 5 miles de fleuve. Les berges ici sont occupés d’un côté par une zone industrielle avec des bâtiments, des friches, des bateaux épaves amarrés à couple, et de l’autre par des étangs, des salins et des flamants roses … Nous avions l’impression d’arriver à Sète ou à Martigues.



Finalement, malgré un échange par téléphone en « portugnol », pour moi, qui ne donnait pas une impression positive sur la possibilité d’avoir une place nous avons pu amarrer MangeNuage sur le quai, au calme, avec un accès rapide au centre ville. Parfois, ça se passe bien. Ouf !


Et même s’il a fallut que nous changions de place en plein courant, même si nous avons encore pris un temps de réparation de moteur, même si l’accès au sanitaire était seulement possible aux horaires bureaux, même si nous étions attaqués tous les soirs par des vagues de mousses à aspect d’égouts qui s’écoulaient chaque nuit à l’ouverture de l’écluse ; finalement ; nous avons adoré cette escale : Notre soirée d’arrivée et notre « tour des bars », l’accueil de Stéphane (directeur de Gratte Ciel) qui nous a rejoint sur le quai, les retrouvailles chargées d’émotions avec l’équipe et les amis de la Cie Gratte Ciel, cette ambiance de répétitions et de spectacle en tant qu’interprète « uniquement », ce festival en général et tous les spectacles programmés dont Romain a largement profité, et plus généralement l’ambiance agréable de cette très jolie ville pleine de canaux.







Je vous raconte la finalité du retour dans le dernier article que nous publions bientôt !
AplusDansLeCata
Anne

Bon vent !
trop bien cette nav’! pénurie de co-équipières, qu’à cela ne tienne les co-équipiers sont présents !
hâte du prochain épisode : LE RETOUR!!!!
Trop bien de lire tout ça !!! Je t‘embrasse fort