Saint Martin, escale chantier.

Saint Martin, escale chantier.

Nous sommes le 30 avril, il est 7h, nous sommes prêtes pour sortir MangeNuage de l’eau et commencer le chantier, nous n’avons pas hâte, mais c’est à faire si nous voulons pouvoir continuer le projet et lancer la transatlantique.

Nous avons une dizaine de jour, pas plus, pour partir sans stress. Nous pouvons repousser la date jusqu’au 12, 13 mai.

Bref, l’équipe du chantier s’attèle pour sortir MangeNuage, et même si nous sommes là, disponible pour donner la main, c’est comme partout, l’équipe bosse sans nous. Ici, ils n’ont pas les quatre petites sangles, c’est donc deux grandes qui soulèveront MangeNuage. Première installation, avec une des deux à l’arrière des mâts, ça ne fonctionne pas, deuxième installation avec la sangle sous les mâts c’est ok, j’espère que les renforts dessinés par Denis et que j’avais réalisé avec mes parents, un hiver, il y a longtemps, sera suffisant.

Le bateau se soulève, décolle de l’eau, la grue tourne, MangeNuage est au-dessus de la terre, les berres sont installées, des sac de sable pour un appui réparti. Tout se passe bien, ouf !

Ça y est, posé. À coté du monocoque de Gaël, qui nous invite pour un apéro ! Merci !

Y a plus qu’à !

Nous installons notre douche; indispensable dans un chantier.

une échelle prêtée pour accéder au bateau, on branche l’électricité pour bosser, on branche l’eau.

Alors que nous envisageons d’acheter quelques outils, nous demandons au chantier au cas où :

un aspirateur et une disqueuse nous sont prêtés trop bien !

Pour un « établi » qui me semble indispensable, ils nous montrent une grande planche en bois, vieille, qui traîne à terre et des vieux bidons que nous ramenons.

Ok ; c’est parti.

Grand rinçage sous le bateau, alors que Kiara et Flore vident l’espace de rangement de la coque tribord avant. Là où nous avons ce fameux TROU, là où nous devons tout voir, chercher, creuser dans la mousse pour mesurer les dégâts entiers à réparer. Moment intense, parce que si c’est pire que la théorie ça mettra plus d’une semaine….

Flore enchaîne direct dans l’avant du bateau sous le soleil, dans le spa naturel où il fait presque 40 degré et décolle les planches en bois. Kiara et Moi ponçons à l’extérieur. Nous avons commencé à l’arrache, sans combinaison ni masque de protection, puis petit à petit nous nous équipons : achat des combinaisons indispensables et un des voisins-bateau, Dominique, nous prête le masque intégral (le mien est …. à Frontignan). Trop bien ! Merci. …

Petit à petit, nous dévoilons l’ensemble intérieur et extérieur, nous ponçons les strates délaminées, et nous dévoilons le joint qui relie les demi-coque. Joint fissuré sur 50cm.

C’est parfait, pas pire que prévu, il fallait aller jusque là.

Ensuite, il y a eu découpe de tissu, préparation des surfaces, et assez rapidement, la pose avec époxy à l’intérieur. Tout s’est bien passé entre l’imprégnation sur l’établi, une de nous qui fait passer le tissu bien imprégné, et une qui la pose à l’intérieur.

Ensuite, dehors, Dominique nous solutionne le remplissage avec La Mousse, (celle que j’ai, mais … à Frontignan …) qui est dure mais malléable pour épouser les formes de bateau.

Du coup, avec un plastique transparent nous dessinons le patron, puis découpe sur l’établi et collage au mastique. Parfait j’ai amené le micro-ballon …de Frontignan.

Quand il n’y a pas eu assez de travail pour trois sur l’atelier strate, Flore s’attèle sur les safrans :

Au moment de la mise à terre, nous avions rencontré Fabrice et découvert qu’il pouvait, dans son atelier en face, nous construire une pièce en téflon qui permettra de réduire le jeu du safran !

Ce n’était pas tombé dans les oreilles d’une sourde, d’où le démontage du safran.

En quelques allers-retours, Fabrice a terminé la pièce et le safran pouvait être remonté, moins mobile !

Côté bâbord, le safran ne se démonte pas, c’est une histoire de pièce alu oxydée qui en grossissant maintient la pièce en teflon contre elle .. Bref, sans rentrer dans les détails, nous avons essayé, ça n’a pas voulu, je décide de remonter et d’attendre la prochaine galère ….

Et puis, malgré avoir cherché une pompe à vide potentiellement accessible par l’intermédiaire du pote de Dominique, ou sinon par Stan, un ami précieux de Craig, nous avons finalement collé la mousse sans pompe à vide, en la maintenant bien en place par un appui réparti avec des sangles (idées de Denis, transmise par téléphone, lors d’un de nos échanges réguliers au sujet de la réparation ! )

Merci Denis pour ton soutien !!!

Une fois les surfaces prêtes, il nous restait à découper les tissus pour les strates. C’est un samedi après-midi, trop tard, que nous nous rendons compte que nous n’aurons pas assez de tissus.

Donc une journée off s’impose : on ne peut pas faire apparaitre du tissu par magie, nous devons attendre lundi pour acheter, à l’aurore, les tissus nécessaires dans le magasin juste en face, où il y a tout ! Trop bien !

Dimanche matin, petite randonnée proposée par Flore, histoire de sortir un peu la tête du chantier. Flore et moi partons marcher, de son côté, Kiara, reste lire dans son hamac, au vent, à l’ombre du bateau … bonne idée aussi !

Nous croisons des singes, une espèce qui ressemble, selon moi, aux capucins de la Guyane, on est trop contente, et après un sentier sympa nous atteignons le pic du paradis – sans glacier, pas d’inquiètude – où nous profitons de vues magnifiques entre saint Barthélémy, et l’île Fourchu, Nevis, Saint Kist et Saba !

Lundi, nous remettons le nez dans le chantier, achats, découpe, nettoyage des surfaces, Flore a marqué des repères réguliers pour que la pose soit juste, imprégnation, et pose à deux. Tout se passe bien, les strates se joignent les unes aux autres, à coup de débuleurs : merci Kiara d’avoir insisté, merci Dominique de nous l’avoir prêté !

Ensuite, sous 40°c, il y a eu : remise de la mousse de sécurité à l’intérieur avec installation d’un tasseau, ponçage puis affinage des surfaces pour la pose du primaire, passage d’un grain et installation, en plus de bâche, de plastiques pour que l’eau ne vienne pas jouer chimiquement avec la peinture.

Et puis, la pose finale de coppercoat qui est un produit -à priori- moins pourri que les antifouling habituels. Malgré une vidéo qui montre la pose de ce produit, dans laquelle tout semble simple et efficace, la réalité n’est jamais la même.

Nous mettons l’énergie, respectons les délais d’attentes, ponçons – encore une fois- les surfaces, nettoyons encore une fois- les surfaces et posons ce coppercoat. Mais le résultat n’est pas aussi parfait que sur la vidéo…

Bon bref, à coup de spatule nous nous en sortons quand même, puis attendons les heures nécessaires pour séchage.

Pendant ce temps, c’est le sujet des moteurs qui reprend la place numéro 1 : nous découvrons que Fabrice, le sculpteur de teflon est aussi mécanicien !

Trop bien, après discussion avec lui, nous profitons de son matos et ses compétences : après les avoir démonté, nous rejoignons toutes les trois l’atelier, en face, pour meuler les anodes, nettoyer les nourrices, décoincer le carburateur et retoucher l’hélice bâbord, tordue et abîmée.

Ça y est, le bateau est prêt pour rejoindre l’eau, la date est fixée pour jeudi après-midi ; nous en sommes ravies, nous rêvons toutes les trois d’un gros ménage et de sortir de cette poussière envahissante.

L’équipe est à poste, les sangles posées, MangeNuage décolle et rejoint l’eau !!!!! OUF ! C’est bien bon.

Après un gros ménage sur la journée, des sac de courses surchargés ; ramenées en pick up par Dominique nous sommes prêtes pour hisser les voiles pour la transat’. Merci Dominique pour tous tes coups de main !

La météo est ok, il nous reste les ponts à passer pour rejoindre le large. Mission de ce matin, dimanche 10 mai.

Rendez-vous sur navigatio pour suivre notre parcours !

Aplusdanslecata !

ANNE

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