Notre périple en Guyane touche à sa fin.
D’abord, le 17 :
Nous étions à la Fourmilière, ferme situé à Macouria, entre la chambre bleue, la belle scène en bois d’un très beau carbet et la terrasse pour les repas, offrant une table capable d’accueillir 14 personnes, et une vue précieuse sur le jardin. Nous c’est qui ? C’est la nouvelle équipe de MangeNuage : Lizette, aérienne, circassienne, et Kathy, skipper, arrivée de la métropole en cours de semaine qui a pris le rôle de technicienne son pour notre création.



Camille, Keya et Salomé, ont débarqué du bateau à la fin du mois de décembre pour rejoindre la Fourmilière où elles sont devenues bénévoles, elles ont participé avec envie à l’organisation de cet évènement qui nous donnait envie depuis que nous avions rencontré Marc.
En création in situ, s’inspirant du lieu, de l’énergie et de notre réalité en bateau, nous avons aboutit à 20 minutes de spectacle avec danse, textes, cerceaux, trapèze fixe ;






côté Fourmilière, le terrain s’est transformé, emménagé de tipi, de zone d’atelier, de stand, de jeux pour enfants, le tout abrité à la pluie quotidienne et tant redoutée.















Il y a eu également l’installation d’un parking, avec un circuit bien indiqué et un quad qui a servit à tirer les voitures transformées en patineuses. Il y en a eu quelques-unes, pas pire et il y a eu des personnes qui ont fait le choix de dormir en hamac entre deux arbres à la Guyanaise.
Alors que vers 17h la pluie s’est installée, nous avons alors joué notre spectacle devant 150 à 200 personnes avec tout le monde bien abrité.

Moment précieux où même si la pluie tombe le spectacle n’est pas annulé : encore merci à la Fourmilière pour toute cette organisation !




Ensuite nous avons proposé le film de Thomas Trapier qui décrit la réalité sur deux ans à bord de MangeNuage avec la création d’un spectacle et la tournée, j’ai été vraiment touchée de cette première diffusion pour un public de ce film qui me concerne, certes, mais que je trouve très beau !
La soirée a continuée avec le super concert du groupe Ala Sani,chant, instrument à vent, percu, batteries, c’était bon à écouter, bon pour danser, bon pour sortir l’énergie, puis les propositions variés de deux DJ. Nourries entre crêpes, pizzas des stands, jus, wassaï du bar, et plat pour l’équipe, la réalité a été confort et agréable !!!
Le lendemain, il y a eu démontage, petit coup de main pour le premier rangement et départ vers Kourou pour rejoindre MangeNuage aux Îles du Salut avec un des ferries.
Alors qu’une parade de carnaval se fait entendre dans les rues de Kourou et donne bien envie d’y aller, nous sommes accueillies par Gaëtan sur son catamaran de GuyaVoile, il ouvre une discussion au sujet de MangeNuage : en étant passé rapidement il y a quelques jours il lui a semblé découvrir qu’une des poutres avant du bateau est cassée.
Une conversation fort désagréable s’engage, rythmée par un dessin de son observation, qui me fait conclure que le pare-battage placé à notre départ n’a pas tenu, s’est déchiré ou s’est décalé, que l’anneau du corps mort est donc passé et que ce que je craignais dans le speed du départ, il y a une semaine, a eu lieu.
Je suis dégoutée ; s’il a raison, et que la poutre est cassée, le calendrier va bouger, il va y avoir une réparation à faire, nous ne pourrons enchaîner avec la date potentielle de Sinnamary.
Je suis coincée : une personne vient de me dire que MangeNuage est cassé et je ne peux pas y aller à l’instant, il me reste une nuit et une traversée à vivre.
Je suis stressée : vais-je avoir assez de matos, quelle va être la cassure réelle, son observation est elle vraiment juste ? De quelle poutre a t’il parlé ? Est ce que c’est pire et foutu ou maîtrisable ?
Lizette qui a aussi laissé MangeNuage avec moi depuis une semaine, trépigne de cette nouvelle désagréable.
Nous parvenons tout de même à rejoindre le carnaval : costumes, percussion, défilé, revoir cette énergie génial de janvier en Guyane, j’en avais bien envie depuis longtemps et je suis bien touchée de ce que nous vivons : avec ma tête qui bascule entre mon bateau, là-bas, qui, à priori, ne va pas bien, et l’instant présent du carnaval Guyanais, souvenirs intense de mon adolescence, forcément les larmes se font sentir.
Purée, la vie, c’est chargé quand même !!!
Nous finissons la soirée en mangeant dans les stand des rues. Puis la nuit passe, chargée de réflexions sur un chantier éventuel, avec des images d’une cassure potentielle.
8H30, nous avons chargé nos affaires sur le ferries qui démarre et se dirige vers les Îles …10h, descente des clients, le capitaine de pro-maritime nous propose de nous déposer en annexe.



Chargement de nos affaires, nous embarquons Lizette et moi, montons sur MangeNuage et courrons presque à l’avant :
en effet, la barre du filet est vraiment bien fendue, presque cassée, il n’y avait pas d’erreur de la part de Gaëtan, il avait bien vu et analysé la chose, en regardant avec finesse je vois bien que le bras de liaison avant a bien été cogné aussi, il va falloir savoir s’il est fragilisé ou pas ….



OOOOOOOOO PUT ……. de M………… J’avais pas envie de ça ! Fion Fion Fion Fion Fion !
Comme quoi, il ne faut jamais laisser son bateau ! Les deux pare-battages que nous avions posés sont soit décalés soit déchirés.
Je suis quand même bien abasourdie, j’en veux à Gaëtan de me l’avoir dit avant que je le vois par moi-même, et en même temps j’apprécie d’avoir été préparée à cette surprise vraiment pourrie !! Merci quand même Gaëtan !
PUT….. de FION !!!!
Bon ; nous rangeons nos affaires, Khaty découvre MangeNuage et s’installe dans la coque bâbord Je suis fatiguée et j’aurais bien aimé avoir une belle journée de vacance en vadrouillant sur l’île Royale. Heureusement nous avons trouvé un chinois ouvert le dimanche : nous avons quelques courses pour quelques jours.
Nous mangeons, il est midi, je suis rentrée en réflexion, je partage mes idées, nous discutons, plusieurs techniques se dessinent, nous sortons « La Caisse » tissu,carbone, résine époxy, rouleau, balance. J’ai ce qu’il faut.
Lizette solutionne la problématique du poids à mettre de manière sûr avec son idée de suspendre les bidons d’eau dessous.
Du coup, la décision est prise de ne pas démonter l’ensemble. Installation d’une bâche pour être sûre de rester sec et après une demande aux gendarmes de l’île nous déplaçons le bateau sur le quai d’arrivée des ferries une fois que tout le monde est parti. La balance est posées à terre pour être sûres des mélanges, nous partageons les étapes toutes les trois.






Fin d’aprem c’est terminé, trois couches posées, il n’y a plus que le séchage.
La nuit s’annonce pas top, la houle est cassée par la digue, certes, mais il arrive au bateau de sacrées ondes. Ça tire bien comme il faut, tous les pare-battages sont installés pour protéger : le quai est, ici aussi, bien trop haut pour MangeNuage …
À l’intérieur de la coque tribord, c’est absolument impossible d’y dormir, le grincement est vraiment trop fort. Lizette déménage dans la yourte.
Dans la nuit, réveillée par de grands mouvements, je m’aperçois qu’une amarre a pétée, d’où l’explication de ma sensation que le bateau bougeait plus, j’en repose une.
Je suis sur le quai, il grince vraiment très fort, c’est impressionnant : avec ce bruit intense j’ai un peu la sensation que l’histoire sur ces îles est vraiment chargées, ça pourrait presque donner l’impression d’entendre la souffrance vécue des bagnards ! Forcément l’esprit part vite de nuit, je reste stoïque, et à coup de graissage les hurlements disparaissent !
La nuit se termine, les moments de dodos ont tous été courts pour nous trois, une amarre à l’avant a aussi pétée : c’est mon choix de pose qui explique ces cassures : elles passaient toutes les deux sur un poteau un peu trop anguleux et malgré les tuyaux de pompiers pour protéger, le ragage était vraiment trop présent et trop fort.
Côté strate, la résine a séchée, la strate est correct. La barre est réparée. Cooool !


Nous déplaçons le bateau, avant 10h, « virées » par un petit bateau pilote qui vient attendre l’arriver du paquebot : un énorme ferries pour touriste ; la taille est impressionnante. Combien sont-ils là dedans ? 1000 personnes ? C’est toujours bizarre de voir ces bateaux ! Et alors surtout pour le tourisme ici aux îles du salut.
De notre côté nous rejoignons le mouillage sur l’autre île, et franchement, on est vraiment mieux à l’île saint Joseph. Nous passons la journée à finaliser les choses, ranger, et nous sommes prêtes pour le départ envisagé à 17h. Départ prévu et voulu pour une arrivée à l’estuaire du Maroni à 7h du matin.
La date à Sinnamary ne s’est pas faîte, pas de nouvelles de la mairie, et maintenant tout aurait été trop court, speed et stressant pour la reprise de rôle.
17h30 : ça y est, nous avons les îles du Salut derrière. Le vent est tranquille, la houle pas trop formée, le courant avec nous, nous avançons très bien, c’est agréable. Les quarts se sont organisés et la nuit se déroule presque sans soucis.




Vers 00h00 nous sommes à 7 miles des côtes et le fond atteint une profondeur de 1,40m ; 1,20 m; Réveillée toutes les trois nous étudions les cartes et choisissons de suivre une soi-disant frontière entre une zone d’une profondeur de 2 à 5 m et l’autre sensée être de 5 à 10m…. Les quarts reprennent, et Khaty, prend la décision de rester dans cette zone qui finalement atteint les 3 m de fond rassurant face face à des lumières étranges, au large, qui ne sont pas sur les cartes, ni en bouée, ni en bateau émetteur d’AIS.
À 7h nous atteignons, la bouée d’entrée du chenal.
Chenal qui n’apparaît pas non plus sur ma carte. Il y a un côté que j’aime bien : un peu comme si nous arrivions dans une zone peu connue, un peu comme des aventurières !!!!
Khaty, sur la carte de son téléphone a les bouées qui apparaissent, elle a tenté de me proposer un mouillage dans une zone proche d’Awala Yalimapo pour attendre la marée montante au moment de notre changement de quart. Réveillée comme j’étais à ce moment là, je n’ai pas enregistré cette proposition et finalement nous terminons la remontée du fleuve au moteur, sans vent et courant contre nous.
Au purée je ne suis pas fière.
J’ai bien merdé !
Bref, Saint-Laurent-du-Maroni arrive. Nous sommes ravies, nous commençons à être croisées par les pirogues, ici il y a une « marina » et nous rejoignons un corps mort.


Nous sommes arrivées mercredi 21 janvier. Nous n’avons pas eu de pluie dans cette navigation et le ciel était bleue. Nous avons eu l’impression que notre séjour ici allait être moins « mouillé ».
À partir de là, il y a eu les allers-retours en annexe : premier à la rame, puis plutôt au moteur après un retour plus que sportif avec le courant et le vent contre nous, puis de nouveau à la rame puisque le moteur est tombé en panne.
Côté spectacle, jeudi nous avons rencontré Madame Lalanne, responsable de la culture, elle a été positive, nous y avons cru pour une représentation de « Dérives » mercredi 28.
Vendredi, pas de réponse, nous tentons de croiser la culture mais pas de nouvelles ; côté pluie, les gouttes se font de nouveau sentir.
Samedi, nous ratons un « vidé » de carnaval pour lancer le montage de la structure. Motivées toutes les trois, nous voulons être bien prêtes pour la date qui arrive : premier montage pour Khaty et Lizette, chacune leur tour sur les mâts, elles atteignent le haut.





Dimanche, temps de passation pour la technique son ; nous restons dans la yourte pour se protéger des gouttes et passons la mâtinée à maîtriser le circuit, la tablette, les branchements des enceintes. En fin de journée, encore sous les gouttes, nous posons une ancre à vis pour l’amarrage du bateau pour notre manœuvre prévue le lendemain.
Lundi : pas de validation de la ville, nous ne pouvons pas déplacer le bateau. En plus nous sommes face à un mauvais temps, nous décidons de repousser la manœuvre de déplacement, et changeons d’activité : nous parvenons à faire les premières répétitions entre les gouttes, puis nous tentons de revoir Madame Lalanne : il n’y a personne, elle est en congé. Nous insistons, face au patrimoine, et parvenons à avoir une validation à l’oral. Côté prévision météo, la journée de mercredi s’annonce vraiment mauvaise, donc nous parvenons à déplacer, à l’oral, au téléphone, la représentation à vendredi 30.

Une fois l’affiche terminée, nous lançons la com : réseau et impression des affiches à la librairie. Nous poussons notre parcours jusqu’au chapiteau de Latitude cirque et passons un temps d’étirement et partage sous ce superbe chapiteau alors que dehors la pluie se fait sentir.
Mardi manœuvre parfaite sous un soleil présent, matinée qui fait du bien. L’aprem la pluie revient.








Mercredi premier filage technique, nous finissons en fin de mâtinée juste avant les gouttes. Les filles commencent à prendre leurs repaires, trop bien !!
Jeudi matin, générale, les choses avancent, encore quelques squeezes. Pluie légère l’après-midi qui nous permet de prendre un temps dedans-dehors pour réviser, coudre ou jouer.



Vendredi c’est la journée du spectacle. Océane, rencontrée au marché par Lizette et Khaty, journaliste pour la chaîne Guyane 1er vient nous filmer en filage technique. Nous faisons parti des infos de 13h !!! Un truc de ouf ! Merci Océane. Elle revient ensuite pour le spectacle et nous passons au journal de 19h. Je suis interviewé par un autre journaliste qui écrit un très bel article, merci Éric Léon !!!!
Petit grain en début d’aprem puis finalement nous aboutissons au spectacle.
À 17h le public est là, entre 100 et 150 personnes. Le ciel est chargé. Nous sommes en observation et en questionnement de savoir s’il faudrait mieux attendre que le grain passe ou y aller.
À 17h20 nous sommes prêtes, les enceintes sont allumées, les balances vérifiées, le ciel est gris mais j’y vais, il faut y croire.
De manière incroyable tout se passe bien ! Le grain passe à 500m, à l’ouest, je le vois depuis les mâts du bateau, puis alors que je lance le trapèze ballant, le soleil revient et inonde de ses beaux rayons le numéro final !
Incroyable ! Merci la nature.
De mon côté, je me juge un peu pendant le déroulé, je me sens un peu trop loin du public, je n’assume pas pleinement tout tout tout !
Qu’est ce que ce n’est pas facile parfois le spectacle vivant, mais une fois terminé, en entendant les retours de ceux qui ont aimés je suis touchée et contente.
Notre proposition a plut. C’est bon !!
Merci à l’équipe ! Ça a été possible parce que nous sommes 3 ! Parce qu’on est une équipe !
Nous saluons à trois. C’est bon !!!!
Le ouiken s’annonce carnaval entre une soirée couleur pour les jeunes, un vidé à partir de 5h du matin, et la parade de dimanche après midi.
Nous calons deux jours off pour nous reposer.
La suite sera un démontage et la préparation du départ direction Tobago.
Le téléphone satellite est ré-activé, vous allez pouvoir suivre notre parcours sur navigatio.
Aplusdanslecata quand on sera en Martinique pour les dates qui s’annoncent !

La tournée DADA continue avec son lot d’aventures d’imprévus sa pluie ses bestioles… A l’image de la Guyane, soit on l’aime soit on la déteste !
n’empêche que MangeNuage et sa Trapitaine font preuve d’une sacrée belle résilience !!! je n’en doutais absolument pas.
Bienvenue à Kathy et Lizette,
Force à Pierre qui bosse dans l’ombre comme un fou aussi,
Bon vent Les Filles vers les mers encore chaudes mais transparentes cette fois,
petite précision pour éviter une mauvaise interprétation : Il est commun et vérifié que la Guyane est aimée ou détestée par toutes celles et ceux qui y viennent
La Tournée DADA je l’aime mais je déteste ses galères…voilà ce que je voulais dire
Bon Vent MangeNuage,
Ouai, ouai !!!!! le scrabble c’est pas pour vous….., rien que de vous lire c’est fatiguant, quelle énergie, quelle détermination, quelle AVENTURE!
Merci pour toutes ces photos qui font revivre tous ces lieux dans notre mémoire.
J’espère que vous allez pouvoir vous reposer et « digérer » cette étape forte en émotion pendant la traversée à Tobago. Trapitaine; si certaines chose te reviennent en mémoire des étapes précédentes et dont tu n’as pas parlé tu peux aussi faire des flash-back, c’est pas interdit!!!!
Vous êtes trop fortes !!!! A quand le prochain épisode? on languit,
Quelle aventure! Superbe! Merci pour ce reportage.
Wahou les bouffeuses d’humbrins ! !!
Quelles aventures.
Je suis plus fort dans l’art des cordages, que dans les discours…
Continue de nous faire rêver.
Byzhs .
Gros bisous Yann !!!!!
HIHIHI je te dis va falloir faire un crochet par new York Broadway le succès hahaha BRAVOOOO nouvelle étape et contre temps l’AVENTURE quoi !! La vrai vie quoi ! BRAVOOO encore les filles!!!! et force à vous ;)… Moi j’ai un plan Corse 10j de nav et festival de cirque à Girolata fin avril début mai 😉 j’espère trop que ça va le faire Trapitaine, euh grand maitre je voulais dire :):):) hihihi 😉 Yesss BRAVO Keep go on, long way 😉
PS: Yes et effectivement toutes mes salutations à l’équipage au sol 😉 Pierre in back 😉
Que du bon à toi Camille !!!! Je te souhaite un super moment en Corse !!!!
Bon vent !