TARRAFAL 3 : Une installation « pas à pas »

Souvent quand on arrive pour voir un spectacle, tout est en place, tout est prêt, on s’installe et ça commence. Anne a choisit de vous décrire « par le menu » l’installation du bateau à Tarrafal ou comment on passe de là …

Le bateau est juste sous le panneau

à là (prêt pour le spectacle)

Il me semble que nous sommes vraiment en train de vivre une aventure.

12 novembre. 6h00 debout.

Marée basse, vague présente mais moins grosse, nous préparons le bateau pour la manœuvre à venir pour nous amarrer au quai de Tarrafal.

– Quai : disons, un vieux quai en pierre, cassé, avec des trous pour passer les amarres, des rochers partout devant, et des houles cassées qui arrivent quand même.

– Manœuvre à venir : parvenir sur une surface pas grande, avec une houle existante, un fond caillouteux, deux bouées de corps mort, et une profondeur de 1m à nous amarrer face au quai.

7h00, les pêcheurs pêchent dans la baie, premier départ pour nous, nous passons la « bouée d’entrée » dans la zone bateau, et nous voyons les deux bouées de corps mort utilisé par deux bateaux. Nous ne pouvons pas y aller, il n’y a pas la place.

À préciser : J’étais ; la veille ; face à un policier de la police maritime, dans le bureau, pour finaliser notre autorisation d’utilisation du quai du 12 au 13 pour l’activité au sein du festival : explication de notre amarrage, de notre manœuvre et autorisation accordée.

Deuxième hic : mes moteurs ne répondent pas comme voulu, celui de bâbord ne redescends pas au ralenti,et celui de tribord, n’engage pas la marche arrière. Pour la manœuvre que nous devons réussir ce n’est vraiment pas le mieux ….

Il est donc 7h30 nous rejetons l’ancre à 6 m de profondeur.

De là, Jaïr, un Cap Verdien, prof de surf, qui parle français, que nous avons rencontré quelques jours avant, vient nous voir en paddle et nous demande ce que nous faisons. Une fois au courant de la réalité, il propose d’en parler aux propriétaires des bateaux, et de leurs demander de les déplacer :

– Ok, Jaïr, merci de ta proposition ! Ils vont le prendre mal les propriétaires ?

– Non, non les filles, ici tudu behm, et les gens sont curieux de vous voir ici, ce sera la première fois qu’un bateau comme le votre vient si proche !

Ok, super, ça donne envie !

De notre côté, nous ouvrons les moteurs, réglons, dégrippons, graissons, et finalement les moteurs répondent comme demandé. Juliette, en vigie, repère que les deux bateaux sont partis. Nous relevons l’ancre, Camille devant, mouvements de son bras, efficaces et compréhensibles, c’est agréable. Nous relevons les safrans et les dérives.

La manœuvre est vraiment définie étape par étape, nous n’avons pas vraiment droit à l’erreur. Dans ma théorie j’ai deux points faible : le fond caillouteux : est-ce que notre ancre arrière ne finirait pas par déraper ; les bouées des corps mort des deux bateaux, dans la zone face au quai : il ne faudrait pas qu’une des deux finisse dans l’hélice d’un des moteurs…

Nous nous approchons, tout va bien, les houles ne nous entraînent pas, les moteurs répondent, bien placées face au quai nous lançons l’ancre arrière, avançons, à 4 m du quai nous faisons le nœud d’arrêt. L’ancre nous retient.

Devant, les filles envoient les amarres à des gars sur le quai qui répondent présent. Une fois amarré devant, les moteurs en marche arrière pour soulager l’ancre avant d’avoir finalisé en sécurisant avec une ancre à vis que Juliette part installer.

C’est à partir de là que ça commence à m… : l’hélice du moteur bâbord se prend dans la corde du corps mort et le moteur se coupe. Le moteur tribord ne suffit pas à contrer la houle donc l’ancre commence à déraper. Hic !! À ce moment, Jaïr, nous rejoint en kayak et nous propose de poser, en kayak, une de ses ancres, à une distance de 50 mètres, coté houle, là où il y a du sable, pour être sûr de bien tenir.

Il part, il galère, Juliette le rejoint à la nage, pendant ce temps Camille débloque l’hélice du moteur. C’est pile au moment où cette deuxième ancre est posée et où le moteur re-démarre que de mon côté, à force de tirer sur notre ancre qui dérape, j’aboutis à la chaîne et ne peut plus retenir le bateau. Ouf sauvé !

Je remonte l’ancre et la chaîne qui ne servent plus et nous décidons de la poser sur le sable de la plage. Jaïr nous propose même de la relier à son bateau qui est posé à terre. Là, c’est cool, c’est sécurisé !

Ouf, le bateau est amarré. Réussi, nous n’avons rien touché, merci à Jaïr pour sa participation et son ancre prêtée, super réactivité de Juliette et Camille qui ont permis d’aboutir positivement et de mon côté la conclusion finale que pour une manœuvre il ne faut jamais avoir de doute dans la théorie !

En discussion, et face à cette houle existante qui créer un mouvement sur le bateau, nous décidons de rajouter côté houle l’ancre du bateau pour avoir une sécu et en passant nous faisons aussi un nœud sur un petit « corps mort » existant. À l’avant, quatre amarres, à l’arrière trois points ancre et un point petit corps mort sous l’eau. C’est sécurisé.

Nous soufflons, posées à l’avant, dans le filet, à discuter de tout ça, soulagées.

C’est à ce moment qu’un bateau de pêcheur, revenant de la pêche se dirige au quai, comme à son habitude pour y déposer son matos. Il passe entre MangeNuage et le quai, je ne dis rien, par confiance, parce que je n’ose pas leurs demander, à eux, de changer leurs habitudes. Bref,

Une vague, une erreur, ça tape la coque tribord et enfonce la strate à deux endroits. Et merde, bien enfoncé en plus !

Il y a des fois où je me demande vraiment pourquoi je fais tout ça. Pourquoi avoir envie de venir jouer un spectacle dans un autre pays, pourquoi me battre pour que ce soit possible, pourquoi effectuer des manœuvres compliquées, avoir l’impression de gêner les habitants et finalement me faire casser un bout de bateau ???

Il est midi. Camille a le courage de coller un bout de scotch (pansement) sur la « plaie » la plus basse pour éviter que les vagues mouillent.

Il reste la mise, l’installation des enceintes, l’échauffement.

À 16h45 la ville de Tarrafal vient poser des chaises ; à 17h15 une cinquantaine de personnes sont assises pour venir voir le spectacle.

Ça fait du bien de savoir que ça intéresse des gens et malgré la houle toujours présente, c’est une belle. La lumière est très belle et je prends du plaisir à le jouer.

À la fin, de nombreuses personnes viennent donner au chapeau, ça fait plaisir, ça a plut.

De là, après le rangement efficace des enceintes et des agrès par Camille, nous nous retrouvons autour de

la table, avec un super repas cuisiné par Juliette.

Et là, discussion pour savoir si nous allons faire des quarts….

Nous sommes amarrées à un quai et nous discutons de quarts …. on marche sur la tête ?

Oui, non, d’arguments en arguments, et après une vérification et protection double de chaque amarre nous sommes d’accord pour une nuit complète avec un réveil à 5h du mat’ pour protéger le bateau à chaque passage des bateaux de pêche.

Nuit pluvieuse, nous remplissons des bidons, enfin ! Merci la pluie ! Eau gratuite et simple à récupérer, c’est cool, au matin nous avons 50 litres ! Nous passons du coup une grosse matinée à faire enfin de la lessive.

La météo pour la soirée du 13 n’est pas très positive, pluie prévue qui sent l’annulation.

15h, il ne pleut pas, je commence l’échauffement, les nuages sont présents pas loin, ça ne sent pas bon pour le spectacle.

Suite mouvementée à venir !!!

Aplusdanslecata.

4 Comments on “TARRAFAL 3 : Une installation « pas à pas »

  1. naaan j’veux tout savoir!!! pas de suspense pleeeeease !
    la casse de la coque galère galère mais les tourtes au four étaient fourrées à quoi ?
    Alleeeez les Filles vous m’épatez !

  2. Vous êtes vraiment trop fortes, quel combat contre l’adversité……. on veut la suite, c’est mieux que Tintin.
    Chapeau bas ….. si j’ose dire.

  3. Génial de pouvoir partager vôtre aventure… Et quelle aventure ! Comme si on y était, Nous voguons et volons avec vous ! Vivement la suite des aventures ! ☺️

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