Tarrafal 2 : Au mouillage et en vadrouille

Tarrafal 2 : Au mouillage et en vadrouille

Cherchez pas le bateau c’est une image de Google Map !!!

Mais sinon MangeNuage est en plein milieu dans le vrai temps présent et dans le monde réel. A l’heure qu’il est il doit se déplacer vers la digue de gauche pour faire l’installation du bateau et de la structure de cirque en vue du spectacle de demain.

Sinon résumé des derniers jours depuis l’arrivée avec quelques images

Une histoire de SEL

En vrac : On manufacture des affiches, on travaille à distance sur le logo, on fait du cirque, on fait de l’administratif avec un petit périple d’une journée pour nous mettre en règle à Praia et enfin on se détend au bar.

Journée du 10 novembre.

Ou l’administration Cap Verdienne.

Encore une journée pleine de rebondissements. Anne était partie de bon matin pour un rdv avec Dany de la mairie qui nous aide à la mise en place du projet de spectacle à Tarrafal. Au passage elle comptait aller avec lui à la police maritime afin de déclarer l’entrée du bateau sur le territoire et nous faire gagner un autographe sur nos passeports. Camille et moi-même (Juliette), partions pour une mission approvisionnement.

Bon. En fait rien ne s’est passé comme prévu. La personne qui devait et avait l’autorité compétente pour faire nos papiers est en vacances… Et voilà qu’on nous annonce que nous devons nous rendre à Praïa pour faire le nécessaire. Alors, messieurs, il va falloir choisir : on part faire les papiers à Praïa ou on fait le spectacle ici mais les deux ne seront pas possible ! Anne jongle entre le français, l’espagnol, le portugais et trois mots de créole au téléphone. Elle nous fait des résumés entre deux coups de fil, ça à l’air tendu. Puis soudain, alors que je sors d’un magasin avec trois conserve sous le bras et que Camille déniche enfin des claquette à un prix correct, elle nous annonce qu’une voiture de la mairie avec un chauffeur vient nous chercher dans une heure, que nous allons traverser l’île pour rejoindre Praïa et que, attention, le ministre de la mer nous donne l’autorisation exceptionnelle de faire les démarche d’entrée sur le territoire pour le bateau sans le-dit bateau en présentiel… Je précise qu’à ce moment là je suis pieds nus, que nous avons du sable encore collé jusqu’aux genoux et des fringues à la propreté douteuse….

Je vous passe les détails mais nous atterrissons donc une heure et des poussières plus tard (des grosses poussières parce que le chauffeur mangeait mais nous n’en avons pas pris le temps) dans un voiture avec quelques doutes et incertitudes sur notre destination.

Tant qu’à être ici nous profitons du spectacle du voyage. Une heure sur des routes sinueuses avec le chauffeur le plus rapide de l’ouest (est-ce que je précise que nous n’avons pas de ceinture à l’arrière ? ), c’est toute l’île de Santiago qui s’offre à nous, superbe, au rythme du klaxon et des décibels de la musique «compas».

Nous arrivons bientôt en ville et le ping-pong administratif commence. Mais avant toute chose un ami-de-contact, Pai, arrive. « Je le redis parce que c’est une entrée qui claque : devant ce poste de police maritime sous le chaleur écrasante, avec ces policiers qui n’ont apparemment pas encore reçu l’info du « grand chef ministre» comme quoi notre requête était recevable, avec deux trois chats indolents allongés sur le muret à l’ombre,« 

Pai, donc, arrive…

Souliers vernis, costume bordeaux taillé impeccable, chemise à motifs de feuilles de toutes les couleurs sur un fond noir, grosse montre en or assortie aux montures des lunettes de soleil, barbe soigneusement taillée dans un style travaillé et cheveux courts légèrement gominés. Le tout rehaussé par un grande gueule. On ne comprendra pas grand chose de tous les échanges mais ce qui est sûr c’est qu’il a soit la « tchatche » soit qu’il connait tout le monde, soit les deux.

Nous voilà trimbalées du poste de police à l’immigration puis à l’aéroport ou nous faisons plusieurs bureaux avant qu’il ne commence à se passer quelque chose. Personnellement j’ai décroché, je comprends un mots sur dix et pour les filles ça n’a pas l’air beaucoup plus simple. Notre fidèle chauffeur est toujours là et nous repartons à l’immigration avec deux passagers en plus… C’est à dire qu’il y a le conducteur bien sûr, un flic à côté de lui, Anne, Camille et un gars sur la banquette arrière (on comprendra plus tard qu’il est informaticien) et moi sur les genoux de Anne. Est ce que je précise que le seul qui est attaché c’est le chauffeur ? Si j’osais je demanderais au flic de faire un selfi général, c’est épique cette situation pour nous, françaises ! En tout cas, cette fois c’est bon, on a fait tous les papiers, il est 16H30 passé. Un petit selfi avec Pai (ils aiment ça ici …!) et nous repartons direction Tarrafal en espérant que MangeNuage va bien et que notre annexe n’a pas disparue… !

Notre chauffeur, jovial, nous propose de prendre une autre route pour visiter. On aura fait presque le tour de l’île dans la journée, c’est le « tourist-day », il nous fera même une pause noix de coco au bord de la route ! Toujours au rythme de la musique, il klaxonne chaque « amigo » qu’il croise, le cochon en train de traverser, la voiture qu’il dépasse ou les gamins qui rentrent de l’école. Le soleil tombe sur l’océan là-bas derrière les montagnes, le ciel flamboie et nous tournicotons sur les petites routes.

Il fait presque nuit, on arrive enfin à la plage, MangeNuage est toujours sur l’eau. Et là, surgit, chancelant d’une après-midi un peu longue au bar, le Cap Verdien auquel Anne a demandé de garder un œil sur notre annexe, rames et gonfleurs. Il a les dit-rames et gonfleurs à la main et semble s’être acquitté de sa mission avec zèle bien que les vingts mètres qui nous séparent semblent longs à parcourir pour lui. C’était un pari que d’avouer que nous n’étions pas là de la journée… C’est un peu comme demander au cancre de la classe de surveiller en l’absence du professeur, voyez ce que je veux dire ? En tout cas il est bien là, nous a attendu toute le journée et nous sommes sidérées. On ne lui en demandait pas tant !

Au bateau tout va bien, l’ancre n’a pas dérapée, rien n’a disparu non plus.

Quelle journée ! La vie c’est un peu fou… ! Obrigad’ !

Juliette

AplusdansleCata

7 Comments on “Tarrafal 2 : Au mouillage et en vadrouille

  1. l’aventure administrative de Santiago vaut largement le coup d’être racontée !!!
    on croise les doigts pour le spectacle
    Alleeeez les Filles !

  2. Super le compte-rendu de la journée du 10/11, immersion totale , on capte à la lecture l’ambiance et la couleur locale, merci la reportrice…..très réussi.

  3. Whawhaouuuuuuuuuuuuuuu !
    je viens de parcourir vos publications depuis le départ… Super l’aventure de MN ! J’en suis bouleversifiée, vraiment.
    Que c’est chouette de voir un rêve se déployer, vivre ! Grand MERCI pour le temps que vous prenez pour le partage, les photos, les vidéos, les textes. Ça permet aux terriens d’entendre l’eau, d’être hypnotisés par la houle matinale, les poissons pilotes…
    BRAVO, BRAVO, BRAVO !!!
    Merci la Vie, merci Vous, merci à ceux que vous croisez, merci pour vos récits
    Vous rayonnez, ça fait grand plaisir
    Bonne continuation, bons spectacles

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