Avril 2026 Partie 2 : St Barthélémy – St Martin

Avril 2026 Partie 2 : St Barthélémy – St Martin


Le samedi 18 avril, nous hissons les voiles direction Saint-Barthélémy.

Vent tranquille et mer calme nous avons parcouru les 60 miles sans mauvaises surprises.

Attentives toute la traversée, nous n’avons malheureusement pas croisé le chemin d’une baleine. Une prochaine fois !

Alors que nous approchons de Saint-Barthélémy, nous apercevons de grandes villas sur les collines puis nous passons à côté de l’ilet Coco, rocher vide avec de belles couleurs sur lesquels les vagues viennent s’écraser, et alors que nous nous approchons du port de Gustavia, nous sommes dépassées par de gros yacht et de nombreux bateaux à moteur bling bling.

Nous atteignons finalement le chenal, avec de nombreux bateaux au mouillage des deux côté. Des catamaran, quelques monocoque et beaucoup de gros yacht.

Nous avançons tranquillement jusqu’au quai, face au bâtiment de la collectivité, Kiara et Flore sont opérationnelles, l’ancre est en place à l’arrière, et les amarres à l’avant.

Le vent est encore présent, bien accéléré par les collines il souffle sur le travers du bateau, mais nous parvenons à nous amarrer. Mission capitainerie, ici la caution pour la clef des toilettes est de 100 euros, ça donne tout de suite le ton !

Ça y est, nous sommes arrivées, il reste à organiser la semaine, avec les interventions dans les écoles, les ateliers cirque pour Flore affamée de trapèze, Kiara bien curieuse de continuer à découvrir les agréés et les adultes intéressés à venir goûter le cirque.

Dimanche n’est pas une journée tranquille pour nous : nous hissons la structure de cirque. Il fait assez chaud, et quelques hic rythment le déroulé.

De mon côté je retourne à l’eau pour rajouter une ancre afin que la proue ne touche pas le quai lors des fortes rafales. C’est dommage, j’ai fait l’erreur de faire jeter l’ancre trop tard et l’idée de déraper ne sortira pas de ma tête durant ces 10 jours…

Kiara, elle, se mélange avec les sangles et les cliquets alors que Flore, interrompue dans son action pour venir me passer un pare-battage, intervertit les cordes de suspension.

Bref, le montage s’allonge, pour finalement se terminer en fin de journée. Il ne nous restera que quelques heures pour aller tout de même…. manger une glace.

Lundi 20 avril …. journée importante : c’est l’anniversaire de Flore. Nous passons une superbe matinée sur les agréés de cirque, le sourire au lèvre pour nous trois et de beaux moment d’improvisations sur le trapèze accompagnées de plusieurs musiques.

Le repas du midi est agrémenté par la visite de David, passager électron libre pendant une des navigations en Guadeloupe, il vient nous dire bonjour juste avant son départ pour la transatlantique.

Flore souffle ses bougies sur un gâteau au chocolat à la patate douce, mais malgré sa belle annonce affichée sur le quai devant le bateau, personne ne nous offre une nouvelle annexe pour son anniversaire !!

Mardi, mission course dans le seul magasin « normal » de l’île, c’est loin, nous y sommes amenées en voiture, nous passons de l’autre côté et découvrons la baie de Saint-Jean avec son minuscule aéroport pour les jet privé des milliardaires …

Dans l’après-midi, petit à petit, nous rencontrons Vincent, organisateur de l’évènement, puis Pierre et Louison, Laure, Victor, Nil, Eddy et Célestin. De chouettes personnes qui viennent à Saint-Barthélémy faire la saison dans cette prison dorée… Nous sommes bien motivés pour les sortir de là…

Alors que les interventions dans les écoles se sont organisées sur les jours de jeudi et vendredi, nous décidons de prendre une journée ballade le mercredi. Location de voiture, nous décidons d’aller visiter le lagons de grand cul de sac, au nord de l’ile.

Après s’être garées dans le seul parking pour accéder à la plage, (parking de l’hôtel où, par contre, nous n’avons pas le droit d’aller), nous rejoignons l’eau et les poissons. OUF !

Et là, c’est incroyable ! En moins de quelques minutes nous croisons quatre tortues, suivies par un barracuda, des pagres rouge de bonne taille, et plusieurs requins dormeurs !

Alors que je demande en sortant le tuba de ma bouche : vous voulez aller où, vous ?

Voici la réponse commune : ben nulle part ailleurs, il y a tout ici !

Bref, nous rallongeons quand même notre ballade, nous palmons dans la direction de l’ilet Tortue, nous passons près des « abysses » qui passent de 3 mètres à 15 mètres, nous observons de nombreux poissons de belles tailles.

Alors que Kiara et moi croisons la route d’un requin pas dormeur, bien plus réveillé et quand même plus gros, Flore de son côté nous raconte être ravie de ne pas l’avoir vu : elle était à ce moment en crise d’asthme et c’était très bien que le stress d’un requin ne se rajoute pas !

Bref, nous nous racontons cette superbe sortie, à l’ombre de rochers en mangeant les carottes d’Italie arrivées en cargo que nous avons acheté dans le frigo du seul magasin de saint-Barthélémy.

Mais c’est quoi ce monde ???

Alors qu’à partir de 16h nous avons rendez-vous avec plusieurs personnes à bord de MangeNuage pour l’atelier cirque , nous tentons quand même de découvrir les piscines naturelles qui ne semblent pas si loin …

À 14h, sous le soleil bien fort, nous tentons cette ballade sur la berge, bien séparées par des barrières des propriétés privées avec gazon tondu.

Nous finalisons notre ballade au bout de la terre, chacune perchée sur son rocher, en ayant aperçu les piscines naturelles qui nous ont faites rêvées, mais où nous ne sommes pas descendues.

Silencieuses, chacune dans notre tête à observer la mer, nous voyons le jet de respiration d’une baleine.

Elle est loin, elle semble petite, elle ne saute pas, mais nous la voyons se déplacer tranquillement et passer complètement inaperçue pour un bateau à moteur qui passe à fond suivi de trois jet ski …

Nous rejoignons MangeNuage, ravie de ces ballades, à en avoir envie de plus.

À peine à bord, plusieurs personnes nous rejoignent et nous finissons la journée par un bel atelier cirque partagé ! Entre mât pendulaire et trapèze, Pierre est ravi, Louison fait de superbes photos, Laure goûte au trapèze et Victor adore le mât pendulaire, il y a même un jeune garçon en roller qui, à force de nous voir nous amuser, nous rejoint pour tenter lui aussi.

Vidéo : Improvisation au trapèze fixe

Jeudi nous rencontrons une classe dans l’école primaire de Lorient, oui oui, Lorient à Saint-Barthélémy, pas en Bretagne !

Vendredi nous intervenons à l’école de Gustavia le matin, et celle de Colombier l’après-midi, ambiance différente à chaque fois, chacune des écoles est différente ; chacune des classes est différente. En tous les cas, nous partageons nos aventures avec des élèves attentifs et motivés, qui sont ensuite ravis des nœuds de cabestan, nœuds de chaise et nœud de taquet que nous leurs apprenons.

À partir de vendredi le festival « West Indies Regatta » commence, les bateaux régatiers arrivent et s’amarrent sur le quai à côté de MangeNuage : des bateaux en bois avec des gréements traditionnels (Sloop traditionnels en bois de Carriacou).

Samedi, côté festival, marché artisanal, régates, film et concert, et côté MangeNuage nous devons attendre 00h30 pour faire les répétitions de nuit avec les régisseurs lumière lorsque tout le public sera parti. Couchées à 2h30 du matin nous sommes rassurées d’avoir pris nos repaires pour cette PREMIERE représentation de nuit.

Dimanche, enfin, le public s’installe sur le quai, bien avant l’heure, devant MangeNuage. La remise des prix des régatiers est assez rapide et la représentation commence juste après.

Tout se déroule bien, il y a une très belle écoute du public, pas trop d’humidité sur scène, nous sommes ravies et les retours sont bons .

Lundi, grâce à Craig, un ami d’Occitanie, nous rencontrons Axel, habitant depuis longtemps à Saint Barthélémy, à l’époque où il n’existait encore que 10 maisons sur l’île … De discussions en discussions, il nous ramène le spi « fleury michon » de son ancien bateau. Ça c’est la classe !

Le problème du spi est solutionné, merci Axel, il nous restera à l’essayer sur MangeNuage.

Matinée de démontage, notre escale à Saint Barthélémy touche a sa fin et nous tenons à dire au revoir à toutes ces chouettes personnes que nous avons rencontrés.

À 15h nous larguons les amarres, nous parcourons quelques miles pour passer la nuit au mouillage à l’île Fourchue, île déserte calme, et magnifique.

Ça fait du bien après cette grosse semaine, bouées avec corps mort installés, alors que nous arrivons il en reste une de libre. Flore s’échappe sur l’île pour randonner et se hisser en haut des « sommets ».

Elle revient le sourire au lèvre, et nous raconte avoir croiser des iguanes en veux tu en voilà, un rapace superbe, et des cactus vraiment beaux.

La nuit au calme, le vent nous fait du bien, et avant de larguer les amarres pour rejoindre Saint-Martin, nous passons une belle matinée en masque tuba à se balader dans les fonds marins de l’île.

Encore une fois c’est super beau, il y a une belle diversité dans cette réserve, et en effet, les réserves elles font du bien à la vie !

Nous hissons les voiles, nous avons rendez-vous à Marigot, côté français de Saint-Martin, dans l’étang intérieur avec un pont à passer à 17h pour sortir le bateau et réparer les avaries de Barbuda.

Vent arrière pas trop fort, nous hissons le nouveau spi… Il est plus grand que l’ancien et il est top ! Merci Axel !!!!

NDLR : Elles osent TOUT – Un SPI Fleury Michon pour un équipage composé en majorité de végétariennes !!! comme l’auteure le dit plus haut : « Mais c’est quoi ce monde ??? »

Nous jetons l’ancre face au chenal dans cette immense baie remplie de bateau et attendons. 17H, nous sommes devant, dans la queue pour passer, mais en observant ce passage, juste 10m de large et le pont qui n’est pas parfaitement vertical, des doutes se font sentir.

Échange à la VHF avec le pontonnier :

– pouvez vous ouvrir le pont plus vertical ?

– Non, nous sommes en ouverture maximum !

Le bateau ne passe pas ici ; j’envisageai d’être bien attentive pour passer dans un trou de 10m de large, mais maintenant avec mes mâts sur le côté c’est juste pas possible ! Nous n’allons pas avoir le choix, il va falloir faire le tour de l’île et passer les ponts côté hollandais. Bon, il n’y a rien de grave, c’est juste l’aventure quoi, il faut accepter le non prévu, et s’adapter à la réalité. Je préviens le chantier de ce contre-temps.

Nous décidons d’avancer un peu, d’aller mouiller dans la baie d’après pour raccourcir la navigation du lendemain et tenter de passer les ponts à 9h30 de l’autre côté de l’île.

Nous nous retrouvons seule face à l’ilet des cabris. C’est inattendue, mais on est bien contente. Nous finissons la journée à jouer de tarot puis au lit pour un départ à 6h.

Réveillée tôt, nous hissons de nouveau les voiles et levons l’ancre. Départ à la voile sans démarrer les moteurs, c’était peut être un peu tôt pour tenter une nouvelle technique mais je suis ravie de ce beau départ que j’ai eu envie d’essayer depuis longtemps !

À 8h, nous jetons l’ancre dans la baie , côté hollandais. Nous vérifions les informations par téléphone :

– Hi, we would like to pass by your Bridge to go then in Saint Martin, french side, is it ok ? Can we pass ?

– No, you can’t, you have to pay before !

– can we pay by cart by phone ?

– No, you have to come !

Oh p…. purgeon ! On doit payer … le temps de sortir l’annexe, de ramer, de faire la démarche, de revenir, nous allons rater l’heure et devoir passer la journée pour attendre l’ouverture des ponts du soir. Nous regardons la carte sur google map et apercevons un quai juste avant le pont à quelques pas des douanes et du bureau.

Nous levons l’ancre, et tentons d’aller nous amarrer, nous arrivons lentement, il y a de la place au quai, nous lançons les amarres, il est 9h05, je descends, rejoint le bureau, attend que la personne, devant moi, finisse leeeeeentement ses démarches, je reste calme, paye et m’échappe, je saute de nouveau à bord.

Flore et Kiara, elles, maintiennent le bateau ; un pied à quai, l’autre à bord, un safran relevé pour éviter qu’il ne rague sur un rocher au fond …

9h20, nous larguons les amarres et sommes prêtes pour l’ouverture. Mais Purée de purée, c’était juste mais on a réussi !

Nous passons le pont ! Nous rentrons dans cette vaste lagune moitié hollandaise, moitié française … Il est vraiment bizarre l’humain des fois : C’est quand même pas grand cette île, mais il y a une frontière !

10h, deuxième pont, celui-ci il tourne sur lui même, nous passons et nous retrouvons côté français, et après quelques minutes, nous jetons les amarres sur le quai du chantier à quelques mètres de notre mouillage de la veille, juste de l’autre côté d’un pont trop petit …

Vidéo : pont de Simpson Bay Causeway

11h, PAUSE.

Nous sommes arrivées, nous sommes amarrées dans le chenal avec le passage des bateaux moteurs, jet ski et voilier quand le pont s’ouvre, la suite, la sortie de MangeNuage, la place dans le chantier, ce n’est pas géré par nous, nous attendons des nouvelles, nous ne sortons pas, et prenons un temps tranquille chacune dans nos têtes.

15h, Fred et Béatrice arrivent avec leur équipe. nous discutons de la technique pour lever MangeNuage, cette fois-ci ce ne sera pas avec 4 sangles comme à mon « habitude », ici ils en utilisent habituellement deux, et ça ira, dit’il …

Nous prendrons le temps demain matin !

Aller ok !

Demain, 7h.

APlusDansLeCata

Anne

1 Comment on “Avril 2026 Partie 2 : St Barthélémy – St Martin

  1. bien joué les Végémichonniennes vous êtes toujours aussi bluffantes dans tous les domaines ! belle impro au trapèze Flore et Joyeux Anniversaire !
    Très belles photos du spectacle de nuit merci les West Indies Regatta !
    Force pour le chantier,

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