Avril 2026 Partie 1 : Guadeloupe Barbuda
Après quatre jours à Port Louis, entre des courses, des visites de lieux et des apéros nous mettons le cap sur Barbuda.
Départ à 6h, pour parcourir les 80 miles dans la journée. Quand nous quittons le quai et sortons du port, Jean-Michel et son équipe de pêcheur partent aussi au large ; geste de main, belle journée à vous et sûrement à une prochaine !!!
Nous longeons la Grande Terre de la Guadeloupe, et tenons le cap qui passe à l’ouest d’Antigua.
Le vent est présent mais pas fort, et nous décidons de hisser le spi. Le bateau prend de la vitesse, c’est chouette, la force du vent atteint 14 nœuds et nous retardons de quelques minutes à affaler le spi. CCCCrrrrrrac, il se déchire ! M…. j’ai vraiment envie d’avoir un spi pour la transatlantique retour ! Il va falloir qu’on fasse réparer ou bien qu’on en trouve un autre !!!
Au large d’Antigua, Flore repère une baleine. Elle la voit sauter, Kiara et moi nous ruons pour profiter aussi de ces images extraordinaires, mais …. tuuuuuuut … on ne voit rien.
Flore a eu de la chance, ce ne sera pas pour nous…
« Là, là , elle vient de re-sauter ! » Flore nous montre la direction, nous fixons toutes les trois l’horizon et plaaaaff, loin, presque à l’horizon le grand corps d’une baleine sort de l’eau verticalement.
Wouaaaaaaah c’est super beau ! Purée, c’est loin, mais c’est bien en face, allez, allez, on va s’approcher pour mieux la voir !!!!!
On apperçoit ses nageoires.
On croise les doigts, on scrute l’horizon, on voit son jet de respiration et puis, plus rien.
L’émotion est bien présente, en même temps contente et en même temps frustrées de ne pas l’avoir vu plus longtemps et plus prêt.
Entre Antigua et Barbuda, je me mets à l’eau, tiré par le bateau, avec un masque ; pour voir ; je rêverai de croiser un requin, ou des tarpons …. Non, rien, j’aperçois les poissons au fond, à 12m, l’eau est translucide. Qu’est ce que ça donne envie ! J’ai hâte de Barbuda.
Alors que le soleil s’approche de l’horizon, nous nous approchons, l’île est plate, peu habitée, avec des immenses plages, nous rejoignons « boat harbour » pour faire la clearence d’entrée.
Nous sommes joyeuses, je suis euphorique, ravie de venir quelques jours sur cette île, chargées de souvenirs familiaux, pour un temps off, sans montage, représentation et démontage. J’espère revoir des raies léopards, les fonds splendides qui m’avaient émerveillés quand j’avais 13 ans.
Nous approchons, il me semble apercevoir une tortue, Kiara et Flore ont pris le temps de regarder les cartes, j’ai visionné l’arrivée sur google map, mais malgré tout ça, nous ne comprenons pas que nous nous dirigeons sur des récifs…
Nous n’avons pas la chance d’avoir des dauphins qui viennent nous indiquer l’erreur – comme ça a été raconté dans un livre de navigateur dans les lagons du pacifique – et GRRRRRRRR, PAF, GNNNNN, ça cogne, ça grince.
Les fusibles des safrans pêtent, les moteurs cognent, la coque grince.
De mon côté je jure, insulte, me juge.
Nous sommes maintenant de l’autre côté, dans 2,50 m de profondeur, les moteurs tournent encore, nous rejoignons la zone proche des quais de ferries et jetons l’ancre dans le sable.
En quelques minutes Flore est prête pour aller voir l’état des coques dans l’eau, je prends aussi le masque et plonge : il y a des rayures à pas mal d’endroits, mais elles semblent superficielles. Il y a un pet assez petit tribord, et une fissure avec un gros enfoncement à bâbord.
L’hélice du moteur tribord est abimée mais encore entière, les safrans sont intacts … ouf ! Casser les safrans a toujours fait parti de mes cauchemars.



Nous remontons sur le bateau et Flore entre dans les coques pour vérifier les intérieurs : mauvaise surprise il y a une entrée d’eau à bâbord. Elle ressort et partage son observation. Je vais voir, il y a une fissure, et en effet ça goutte.
Et m…….
Purée de purée, pourquoi ici, où il n’y a rien, où nous sommes sensées être en vacance et repos ? Pourquoi maintenant quand on a lâché le stress et la tension ? Je suis dèg !
Les discussions démarrent, les hypothèses, le « comment on va faire », retour en Guadeloupe où nous avons des contacts rassurants ? Tenter de réparer ici si il est possible de sortir MangeNuage ? Aller à Saint-Martin ou Saint-Barthélémy dans un chantier ?
Puis nous organisons une nuit de quart pour vérifier que la pompe fonctionne et que la quantité d’eau qui rentre ne nous met pas en danger.
Au matin, la nuit n’a pas été reposante pour moi, entre questions, réflexions et la présence de « yinyins ». Kiara et Flore, elles, ont dormi à peu près. Au matin, l’eau entrée dans la nuit n’est pas alarmante, nous ne couleront pas à Barbuda.
Bon et la suite ? Alors que je pars pour les clearence d’entrée dans l’île et que le douanier me donne le contact d’un grutier ici sur l’île, Kiara et Flore de leurs côté replongent pour refaire un bilan du travail à venir.
À mon retour, par internet, la discussion s’ouvre avec Denis, il est loin, en Occitanie, c’est vraiment incroyable notre monde !! Nous lui envoyons des photos, et il donne son avis :
Évitez de naviguer au près, rapprochez-vous de Saint-Martin ou Saint-Barthélémy pour trouver un chantier en allure vent arrière. La fissure intérieure semble un peu inquiétante puisqu’elle se situe exactement à la jonction des deux parties de la coque….
Bye bye la Guadeloupe, nous ne reviendrons pas pour cette réparation !
La journée avance, nous sommes efficaces et mettons de l’énergie pour appeler, chercher les informations, réfléchir, discuter et nous positionner. La deuxième nuit est catastrophique pour Flore qui se fait bouffer par les yinyins en crevant de chaud dans la coque tribord. Kiara, elle, allongé sur le lit provisoire de la table dans la yourte parvient à passer une deuxième nuit correcte malgré des genres des petits cafards attirés par la lumière et les yinyins affamés.
Au deuxième matin, nous décidons de réparer les fusible des safrans à coup d’épissure de dynema effectué par Kiara et de poser un pansement à l’époxy marine, sous l’eau, sur les deux zones abîmées, merci la technologie.
Ensuite, nous décidons que les vacances c’est précieux et prenons la décisions de nous diriger vers les belles plages du nord de l’île pour profiter de quelques jours avant d’ouvrir le chantier.
Alors que Pierre ; première personne tenue au courant de nos péripéties, derrière son ordinateur, en Occitanie, nous soutien par la rédaction du mail à envoyer à Saint Barthélémy pour annuler la date de représentation prévue chez eux, de notre côté, nous jetons l’ancre, face à la plage rose, vide d’humains, avec des centaines de frégates qui volent au dessus d’une île dans la lagune transparente de l’autre côté de la plage.






Après, discussions, partage des envies, vérification de l’agenda, théorie du chantier à venir, affinement des dates et de la prévision pour la transatlantique retour, nous décidons toutes les trois, de maintenir la représentation à Saint Barthélémy.
Et oui, « Show must go on », on est là pour ça, MangeNuage est créée pour cela, et vu qu’il ne coule pas, que Denis a validé l’idée d’une navigation jusqu’à Saint-Martin, alors, nous pouvons nous arrêter sur le chemin pour participer comme prévu à la « West Indies Reggatta » à Saint Barthélémy !
Pierre en entendant cela est espanté et ravi : » Bravo les filles ! Vous êtes des warriors ! »
Merci pour ce soutien précieux ! Pierre, tu vaux de l’or !
Notre escale à Barbuda a été reposante, et en même temps riche en sensations contradictoires et parfois frustrante : entre des palme-masque-tuba de rêve dans 5m de fond au large de l’île à voir de beaux récifs, des raies léopards, des poissons multicolores en veux-tu en voilà ; suivi d’une interdiction soi-disant officielle par un guide touristique de nager dans la lagune (information contredite par le douanier lors de notre démarche administrative pour partir de l’île) ; ou la découverte inattendue, alors que nous cherchions à rejoindre la ville, d’un terrain de golf immense où nous n’étions pas les bienvenues et d’où il nous a été demandé de disparaître.
Finalement heureusement que nous sommes tombés sur ce chauffeur d’Antigua, sympa, qui nous a amené et ramené en voiture climatisé jusqu’aux bureaux de douanes de Codrington pour la démarche de «clearence out».
Le samedi 18 avril, nous hissons les voiles direction Saint-Barthélémy.


BD de Flore
Article Anne Pribat
APlusDansLeCata

Bonsoir,
De la part d’une ancienne depuis le sud du sud de l’hexagone et ayant longtemps vécu en voilier dans les Antilles : pour chasser les yenyens et autres moustiques, les spirales de pyrèthre qu’on allume juste avant la nuit, placées près des panneaux et ouvertures sont très efficaces pour éloigner ces bébêtes.
On en trouve partout !
Je vous suis avec grand plaisir depuis le départ.
Bonne chance pour la suite !
Courage les Filles pour le chantier à venir…MangeNuage en ressortira encore plus beau et plus fort !
La vie en bateau, sur Mange-Nuage (MN) n’est pas un long fleuve (salé) tranquille !! Mais l’équipage est manifestement à la hauteur. C’est sur que l’ascenseur émotionnel c’est plusieurs fois par jour, voire la nuit……( j’aimerais pas !!). Merci à ceux qui veillent sur DADA et sur MN, je veux parler de Pierre et Denis….
Je suis rassuré: Barbuda a gardé son côté sauvage, mais un peu déplanant le coup du golf…..qui contredit la première impression.
Allez les équipières VAMOS……..(a la playa).