Sailing trip en Guadeloupe chapitre II

Nous en étions arrêtées à la séquence émotion : retrouvailles sur la plage de La Voute à Marigot. Après ça, la date de Rivière Sens approchait, vendredi 27 mars, nous levions l’ancre. A notre bord, Pépita, cette petite nouvelle de ce monde de 6 mois, accompagnée de ses parents Émile et Aline. Il y avait pour les parents comme pour Anne beaucoup de questions… Finalement, un baptême de nav’ comme qui rigole, Pépita a passé du bon temps dans la couchette de Anne accompagnée d’une baleine en plastique !

Arrivés à Rivière Sens, dans la capitainerie de Gourbeyre, les choses sérieuses reprennent. Ni une, ni deux, nous voilà déjà à remonter le légo de la structure. Effy nous rejoint dans la soirée. Le samedi, c’est marathon teinté d’un peu de stress: hissage, filage technique et découverte des postes de techniciens son et sécu, répétition générale. Entre tout ça ? Le corps de Anne nous fait des farces et la météo n’est pas au beau fixe pour le lendemain.

Sans oublier que pour agrémenter tout ça, on blablate avec le sourire au ponton, avec les divers voiliers qui ont croisé MangeNuage, à qui au Cap Vert, à qui en Guyane…. Ça y est la renommée du bateau se fait, du moins dans la communauté des voiliers qui font le tour de l’Atlantique depuis cet hiver.

Le dimanche 29, le grand jour, on a « juste » une petite manœuvre à faire pour déplacer le bateau en face de la cale de mise à l’eau, de biais dans le port peu profond, avec un espace d’accès à peu près aussi large que MangeNuage… On est Dé-ten-du.es ! Rendez-vous à 9h avec le gars du port (très sympa). A 8h, on fait le tour, on se projette et…. Une petite trentaine de jet skis sont en train de se mettre à l’eau. Oups. Ça ne détend pas tout à fait notre affaire. Ils ont prévu de rentrer à 17h, soit, l’heure du spectacle. Effy et Anne vont parlementer pour qu’ils rentrent plus tôt, et nous modifions quelque peu l’amarrage pour qu’ils puissent aller et venir. Une ancre à l’avant, des pointes et des gardes arrières. Tout se cale.

Il pleut. Il pleut, oulàlà qu’est ce qu’il pleut ! Pascal dirait « Et oui en Guadeloupe, il pleut même plus qu’en Guyane par endroit ». En vrai, ça ne concerne pas du tout cet endroit, mais vus les débats entre Pribat, je me devais de le citer.

Bref, la météo est à côté de la plaque. Nous on n’a vraiment pas du tout, du tout envie d’annuler (tout ce stress pour rien???). Et là, le destin : à 16h, éclaircie, le bateau sèche, Anne fait sa mise. Effy envoie du gros reggae. 17H05, show must go on. Là, je ne peux parler que de mon ressenti, mais il y a une énorme fourmilière dans mon ventre, je suis concentrée à 2000 pour cent sur les trucs sécu que je dois faire, je n’en écoute même pas les textes de Anne, j’en oublie le petit point scénographie qui m’est en charge. Belle mise en scène : rayon de soleil au moment de la flûte en haut du mât. Et puis arrive le moment du trapèze ballant. C’est pire que si j’étais dessus, je vire et valse en même temps que Anne, pour suivre au mieux avec la longe sans la gêner. Ça y est c’est fini, Anne nous appelle pour saluer, oulàlà mais moi je suis encore toute palpitante. On range vite fait, on retrouve les gens et les copain.es sur le quai, et voilà, il repleut, normal quoi !

La journée suivante c’est démontage, manœuvre, ciao bye Rivière sens, et rendez vous à la plage de La Voute pour passer un dernier temps à Gwada circus. Kiara est arrivée en cette fin de journée. Pour mardi on a un plan : Mardimanche.

Comme chacun le sait, quand on prévoit quelque chose, le facteur chaos vient agrémenter tout ça d’un peu de folie, pour éviter l’ennui. Donc, journée de repos MAIS, dans un bateau bien chahuté par une belle houle qui joue à éclabousser très fort la plage sur laquelle nous sommes sensées débarquer en annexe. Pour celles et ceux qui ne le savaient pas encore, il nous en faudrait un poil plus pour nous démobiliser. Nous serons donc à l’atelier clown d’Émile puis à la fête de Gwada Circus, entourées joyeusement des protagonistes de cette escale !

Nav’ le 1er avril : on a vu plein de baleine …

Nouvel objectif : la fête du crabe à Vieux Bourg et Morne-à-l’eau où nous jouons samedi 4 avril à 11h. Notre contact c’est Ananda, une superbe organisatrice, très concernée par notre arrivée. Elle est sur tous les fronts mais gère tout ça de main de maître. Merci encore pour cette invitation ! Petit défi technique : l’arrivée au Grand Cul-de-Sac Marin. Bon déjà, les grains s’enchaînent (et on les évite). Il semblerait que nous devions arriver pile à la frontière du bleu et du gris…. On se lance dans la baie… Il n’y a vraiment pas beaucoup de profondeur ; on lève tout : dérives, safrans et nous, on se fait toutes légères sur la pointe des pieds même. Ah c’est joli hein ! Eaux turquoises, patates de corail quasi à fleur d’eau, vaguelettes au milieu d’un lac. On pose l’ancre dans : on ne sait pas trop : herbe ou vase ?

Hop, on file à terre, rencontrer tout le beau monde. Roni au Romaric, restaurant qui nous assurera les repas du midi est très accueillant. Il est en compagnie de Greg, propriétaire du ponton qui est sensé être mis à l’eau à l’emplacement même où l’on devrait jouer. Les deux sont très aidants. Ils félicitent la Trapitaine car peu de voiliers s’aventurent jusqu’à Vieux Bourg sans s’échouer sur les hauts fonds. Nous retournons vers notre cabane et quelle surprise : Il pleut. Il pleut, oulàlà qu’est ce qu’il pleut ! « Et oui en Guadeloupe, il pleut même plus qu’en Guyane par endroit. Ça s’appelle Morne-à-l’eau, c’est qu’il y a de l’eau». Kiara est bretonne : elle ne ressent pas une goutte, Anne refuse l’idée d’être bretonne : elle a la peau des pieds détrempée, moi je ne suis pas habituée : je tente de faire sécher ma lessive, puis je finis par tester mon ciré..

Avec tout ça, «my make-up may be flacking, but my smile still stays on » ( Show must go on, Queen). Montage de structure le soir même. Le lendemain on hisse, on a le temps d’un petit filage technique, et puis, là, il pleut. Ingrid, journaliste à Guadeloupe 1er monte sur le bateau faire une interview de Anne. Un beau moment d’échange et de partage, avec ses grands yeux qui pétillent à la découverte du petit monde de MangeNuage. Ensuite, on passe 3h à déjeuner chez Roni, rencontre et discussion. D’autres vies, d’autres points de vue. C’est ça le cirque aussi, on joue aux équilibristes au fil des discussions. Ça bouscule, mais est-ce que ce n’est pas ça qui fait qu’on grandit aussi ? De retour, nous manœuvrons le bateau. Prévues : deux pointes avant, deux gardes, une ancre à l’arrière. On essaie, une fois, deux fois, trois fois, l’ancre dérape. On n’a aucune sécurité en cas de vent (bien présent) qui nous ferait dépaler sur le ponton tribord ou avant du bateau. Allez, quatrième essai mais entre-temps on s’est remises au mouillage, on a testé les dérapages de notre grosse ancre, qu’on a alors placé à l’arrière. Allez cette fois-ci c’est la bonne. On sécurise notre rôti avec deux aussières bâbord lancées sur le ponton. Bref, on ne gène que deux bateaux, avec qui on sympathise tout de même pour trouver une solution qui arrange tout le monde.

Après, ça va vite. Le spectacle arrive comme on éternue. Kiara gère de ouf sans même de répétition générale, Anne fait rêver le public et moi, je suis contente.

https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/cirque-a-la-voile-le-spectacle-d-anne-pribat-presente-a-morne-a-l-eau-1688693.html

On est plantées dans un fort joli décors de Mangrove et l’eau est globalement un miroir. Le ciel, finalement, se pare de ses meilleurs atouts. Pouah ! Ça claque !

On profite d’une marche au Ka, du départ des canots à voile – Gommier, Yole – pour la régate… Bababa, ensuite c’est l’inauguration du bar de Greg alors on danse… (Stromae)

Dimanche, il y a des mortes de faim du trapèze qui réclament à Anne d’en faire….. Alors elle cède hihi ! Méryl, trapéziste danseuse nomade actuellement à Pointe-à-Pitre, nous rejoint, Kiara découvre mât pendulaire et corde lisse, moi je zone sur le ballant toute la matinée !! (Elle est gentille Anne quand même).

Avec tout ça, on a un peu retardé notre rendez-vous pris avec Roni pour rejoindre la fête du crabe à Morne-à-l’eau en bateau à moteur. Je vois votre sourcil se relever. Roni, il a grandi ici, il connaît chaque coin de mangrove, et là, le plan c’était donc de traverser la mangrove par le canal de Rotours créé entre 1826 et 1830 par des Libres de Couleurs.

Bon, malgré nos 4 heures de retard, il a cédé à notre excitation de partager ce moment avec lui. Sans regret, c’est magnifique. Racines et branches se mélangent, des touffes de vert se mèlent. Des oiseaux en pagaille.

à fond avec deux moteurs de 150 chevaux !!!!!!

L’escale à la fête du crabe sera brève mais marrante : du Ka, des livres, des jolies choses, une foule compacte de (grands) antillais.es qui entourent des athlètes qui se laissent pincer par des crabes maousse-costauds, de la musique et des sorbets coco !

On rentre à la nuit tombante pour une autre traversée très émouvante, entre bruits de forêts, ciel de coucher de soleil se reflétant dans l’eau cernée d’ombre de la mangrove, noctilions pêcheurs (énormes chauves souris) et gallinules d’Amérique (poules hyper stylées au bec rouge et jaune) à gogo.

Allez, maintenant on n’a qu’à dire qu’on se repose un peu ? On met le cap vers Port-Louis, retrouver Pascal et Kristina. A peine arrivées à la marina gratuite (?), les curieux affluent. On bouine un peu pour trouver le ponton idéal, on se pose, rencontrons quelques usagers du lieu (dont un autre futur bateau spectacle), et c’est parti pour le pseudo repos- escale technique- visite en famille et tutti quanti!

APLUSDANSLECATA !!!!!!

Article écrit par Flore Chéné

3 Comments on “Sailing trip en Guadeloupe chapitre II

  1. Ah j’ai bien ri tout au long de l’article, belle prose rythmée merci à Flore! faut dire que le rythme il ne vous lâche pas…photos magnifiques aussi, qui pour celles où MangeNuage est assailli d’acrobates rappellent les dessins imaginés du futur MangeNuage de Denis l’architecte au tout tout début…
    Serré l’amarrage à Rivière Sens!!! ça me rappelle bizarrement un épisode marquant à Marie-Galante il y a longtemps…
    Chapeau bas à Flore et Kiara pour cette adaptation quai-instantanée et sans filet! à des postes clés de Mange-Nuage !
    Retrouvaille familiale qui fait chaud au cœur ! MangeNuage on t’AIIIIIIIIIIME

  2. Oui……encore une belle escale marquée par les annifs : « et y en a toujours un etc…… », les retrouvailles avec kristina et Pascal et encore plein de belles rencontres….c’est magique, vous nous faites rêver……
    le compte-rendu est de ouf, merci Flore : très vivant, beaucoup d’humour, franchement ça le fait, tu as un avenir dans l’édition……
    Beaux couchers de soleil sur la mer des caraïbes…..manque plus que le goût du ti-punch…..
    Bravo à tout l’équipage et continuez à nous faires rêver.

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