TARRAFAL 5 – Bilan, « au revoir » et départ –
14.11 matin,
Autour de nous l’eau est redevenue bleue, notre ancre a tenue. Malgré cette fin d’après midi et soirée déroutante, nous sommes d’accord pour que le démontage soit la première activité de la mâtinée : re-transformer le bateau en mode voile pour pouvoir partir si besoin face à d’autres urgences.
Aujourd’hui c’est la première pour Juliette dans un des postes « baudrier » en haut des mâts.
Le démontage démarre et tout s’enchaîne avec une belle efficacité, avec un début tranquille vers 8h30, nous finissons à 12h30. Tout en ayant fait face, la veille, à une situation critique.
Franchement, ça fait rêver !
Non mais sérieux nous sommes vraiment une équipe de choc !
En début d’après-midi nous nous dirigeons vers la terre ; sur le « chemin » en annexe, nous sommes appelées depuis un bateau par un pêcheur d’une cinquantaine d’année, nous nous dirigeons vers lui, il nous complimente avec des mots français mélangés au créole Cap Verdien il y a le mot « respect », le mot « bravo », le mot « équipe incroyable », le mot « très bon capitaine » ….
Nous sommes abasourdies et touchées.
Nous continuons à pagayer ….
Un peu plus loin, à l’entrée de la zone bateau, nous tombons sur notre pare-battage, celui fixé aux amarres qui nous reliaient à la chaîne et à l’ancre enfoncé dans le sable de la plage . Ça serait trop bien de tout récupérer …
Bien mélangé, dans l’eau, avec des déchets, de l’herbe, des branches piquantes, petit à petit nous récupérons les bouées, les deux amarres dont la neuve, cool ! Par contre au bout, pas de chaine ni d’ancre, et bizarrement, on dirait que le bout de l’amarre a été coupé… à voir.
Au moment où nous nous approchons du sable alors que nous nous organisons, comme d’habitude, pour ne pas être chavirées par les vagues de la plage, et que nous essayons, comme à chaque fois, de de nous en sortir le c… sec ; 5, 6 hommes Cap Verdien, pêcheurs ou autre que nous avions rencontrés viennent nous serrer les mains et nous complimenter ….
Sur le coup, personnellement, la tête pleine de mon rendez-vous à police maritime pour les papiers de départ, je ne mesure pas cette situation étonnante. Je m’écarte rapidement et rejoins les bureaux. Finalement pas de papiers possible pour notre départ, pour cause d’une panne d’électricité dans les bureaux, il faudra repasset lundi. Le policier me remercie de ce spectacle qu’il a trouvé super !!
De leurs côtés, Juliette et Camille discutent avec les gars : elles apprennent qu’il y a eu des dégâts, des vaches et des chèvres qui sont mortes, des maisons bien abîmées…
Pour nous, c’est impressionnant, le changement du paysage.


Le bateau de Jaïr est couché, à moitié dans l’eau, un autre bateau de pêche est enseveli, sur deux zones la plage n’existe plus, la zone « jet ski » notamment a disparu, la route qui descend est effondrée, ainsi qu’un des bars de la zone pêcheur.
Côté quai, la route qui y mène est détruite.
Camille et Juliette récupèrent les martyrs récupérables que nous avions posés (amarres courtes fixées dans les trous du quai), une affiche, de notre évènement, toujours « vivante », que nous avions posé à l’entrée de la plage.
Une fois dans la ville il y a dans chaque rue les traces de passage de l’eau, des restes, des déchets.
Nous sommes rejointes par Alex et Edimilson ; les deux garçons qui ont participé de manière impromptu à la manœuvre d’hier ; qui nous invitent à boire un coup.
Puis nous croisons Jaïr, il a bien galéré, la rivière est passée dans sa maison et son bateau couché à moitié dans le sable avec le safran tordu ça le rend triste … Il nous dit d’ailleurs que le bout qui partait de son bateau et rejoignait notre ancre a été coupé, selon lui.
Merde. Donc à priori on s’est faite voler l’ancre… Je tente de demander, à droite et à gauche, ce jour-là, et les jours suivants, mais ; non ; nous partirons de Tarrafal sans notre seconde ancre et sa chaîne.
Situation compliquée : évidemment que cette ancre est importante pour nous, évidemment que j’aimerais la récupérer pour continuer le projet dans son ensemble avec le matériel nécessaire, mais dans un autre sens, face à ce pays, à ces gens qui vivent avec bien moins que nous, et qui finalement ont « récupéré » une ancre qui avait été «abandonnée » sur la plage… ça pourrait paraître normal ….
Bref, vaste sujet compliqué dans notre monde où nous ne sommes pas dans des situations égales alors que nous sommes tous des humains semblables.



Nous finissons notre journée en mode détente : des portés de cirque sur la plage et soirée danse dans un bar de la ville pour la soirée du vendredi soir qui a lieu de toute façon.
Comme quoi, galère ou pas, la vie continue !
Personnellement, quel plaisir à ce moment, de replonger dans des soirées sous musique antillaise, créole, africaine, bref, je ne sais pas laquelle, mais bien rythmée en tous les cas, comme j’aime !!!!
C’était trop bien !! J’adore danser !!
La matinée du samedi s’est organisée entre la réparation des coques avec papiers à poncer, et dose d’époxy, puis le dé-grippage appliqué du carburateur du moteur bâbord… C’était assez drôle comme situation, entre la cuisson du pain et le démontage de ce carburateur !
Camille en mécano-boulangère
Merci à Jean-Paul de Navi-france d’avoir répondu au téléphone un samedi midi et de m’avoir soutenue et guidé dans cette démarche !!



Situation étonnante, il y a eu quelques bateaux de pêcheurs qui sont passés proche du notre avec la musique en marche et des pas de danse … houlàlà, tout se sait ici, nous sommes juste aller danser hier soir quoi …
L’après-midi, nous nous sommes divisées entre courses, bouteille de gaz, stock d’eau potable, essence.
La conclusion c’est que le ralenti est de nouveau, là, la marche arrière s’engage de nouveau, la coque est réparée, nous avons de quoi boire, cuisiner et de quoi faire marcher les moteurs si besoin.
Nous sommes prêtes pour la suite, …. après une journée off dimanche. Normal quoi, il faut souffler aussi !
Lundi matin nous touchons de nouveau la terre à Tarrafal pour la démarche « police maritime », clé à rendre à la mairie, et au revoir à ceux qu’on va croiser.
La houle est vraiment installée dans un sens, et un vent bien établi dans l’autre, c’est assez impressionnant les à coups que subit le bateau et l’ancre du fait de ces deux forces, en tous les cas c’est sûr on ne dérape pas, encore faut-il espérer qu’on arrivera à décrocher l’ancre…
Un des pêcheurs nous disait qu’on était à priori sur des rochers. J’ai beau essayer d’aller voir, l’eau n’est pas encore redevenue limpide et je n’ai pas réussi à savoir…
J’ai un souvenir d’enfance d’ancrage compliqué avec l’ancre bien pris sous un rocher avec lequel nous dérivions un fois le guindeau en panne vers les récifs …. j’espère que ce ne sera pas pour nous cette fois-ci.
Bref, une fois de retour, sans papier parce-que toujours pas d’électricité dans les bureaux ; avec des œufs, et en ayant croiser quelques gars à qui nous avons dit au-revoir, nous nous préparons au départ.
Voiles prêtes, prise de ris sur chacune pour partir tranquille avec ce vent bien installé nous nous y prenons avec application pour qu’aucune erreur ne se conclut par la perte de la chaîne et de l’ancre.
Ça secoue, nous prenons le temps, petit à petit la chaîne est de nouveau bien engagée dans le guindeau, celui-ci fonctionne bien, les moteurs bien réparés répondent comme on le veut et finalement l’ancre est à bord.
C’est COOOOOOOOL , pas de galères, on a réussie, on prend le cape de Fogo. Il est 10h.
Houle formée, vent bien installé, allure grand largue et vent arrière nous naviguons sur la journée, avec une moyenne de 7,5 nœuds, des surf à 14 nœuds et des rafales de vent jusqu’à 30 nœuds…
L’arrivée qui se dessine sportive finalement se conclue tranquille avec le vent qui se calme entièrement à quelques mètres du port coupé par le grand volcan super beau de 2000m, nous jetons l’ancre à 16h avec 50 miles parcourus.
Les prochaines journées s’annoncent tranquille, repos, éventuellement tourisme, préparation de la suite vu que les dates sur l’île Fogo et l’île Brava sont annulées. En arrivant pas de remords, le port de Sao Fillipe est isolé à plusieurs kilomètres de la ville et vide. Nous n’aurions pas eu de public vu la réalité.
Prochain rendez-vous à Mindelo à partir du 25, où nous espérons réussir à organiser une date finale sur les îles du Cap Vert et où nous préparerons la transatlantique.
Aplusdanslecata !!
Anne, Juliette et Camille.












que c’est bon le calme après la tempête..!
Fogo s’te-plaît sois sympa… MangeNuage a besoin de repos!
Bon repos les Filles vous méritez,
Muito bom, quelle équipe épique. On espère quand mème un reportage de Fogo et de son volcan…..repos bien mérité, vive la sieste!!!
Trop content de lire vos aventures c’est plein de rebondissement avec un happy end!
Bon tourisme et préparation de la suite
Trop chouette de savoir que vous suivez aussi !
Merci pour le commentaire !
Anne Seasta.
Rooooooooo l aventure !!!!
Que d’émotion avec ce feuilleton Tarrafal. Vous savez capter vos lecteurs : la tension qui va crescendo, la pluie qui s’intensifie, des petits détritus qui flottent, puis des embarcations, un frigo
Whaou ! chapeau l’Equipe pour la gestion ! Bravo VOUS et merci aux aides spontanées.
Piouuuuu, rien que de vous lire, ça m’a accéléré le rythme cardiaque 😉
Je me joins à vous pour danser (j’ai passé la journée à ça).
Bon repos et bon vent pour la suite !
Merci de prendre le temps du partage !